Un p'tit peu.


Je suis fière, je suis emportée. J'aurais voulu te battre, le premier jour, quand tu m'as embrassée et jetée par terre dans cette chambre... J'ignore comment je t'aimais; je te haïssais plutôt. Ta vue m'irritait, me faisait souffrir; lorsque tu étais là, mes nerfs se tendaient à se rompre, ma tête se vidait, je voyais rouge. Oh! que j'ai souffert! Et je cherchais autour de ta chaise, pour marcher dans ton haleine, pour trainer mes vêtements le long des tiens. Il me semblait que ton sang me jetait des bouffées de chaleur au passage, et c'était cette sorte de nuée ardente, dans laquelle tu m'enveloppais, qui m'attirait et me retenait auprès de toi, malgré mes sourdes révoltes...

Émile Zola.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire